Ma Mamie en Poévie

© Ma Mamie en Poévie - François David et Elis Wilk - CotCotCot Éditions ; Alzheimer ; livre jeunesse ; vieillesse ; relation grands-parents / enfants ; livre numérique interactif pour les enfants

Mamie est un peu déboussolée, originale, créative, poète ! Elle emmène sa petite-fille en voyage, lui fait découvrir le sirtaki et les pigeons de la place St-Marc…

Ma Mamie en Poévie est un livre numérique interactif de François David et Elis Wilk publié par CotCotCot Éditions. Il aborde les thèmes de la vieillesse, de la maladie d’Alzheimer, des relations grand-parent / enfant.

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Alzheimer : stupeur et tremblement lorsque le diagnostic tombe

Le comportement de mamie est étrange et un peu déstabilisant depuis quelque temps. Il évolue, il change au gré de ses humeurs.  « Votre maman a la maladie d’Alzheimer. » Lorsque le diagnostic tombe, le choc est rude pour les adultes. Le docteur parle de Stade 3 voire Stade 4… C’est un tsunami qui s’abat sur la famille.

Les adultes cherchent des informations sur la maladie et son évolution. Ils comprennent rapidement qu’il n’y a pas une maladie mais des malades aux comportements et capacités cognitives différents, volatiles. Ils vont aussi se rendre compte qu’il s’agit d’une maladie évolutive et imprévisible.

Bref, il leur est difficile d’accepter la situation et ses conséquences. Et puis, surtout, il faut faire face rapidement et trouver des solutions logistiques (hébergement, soins…) à plus ou moins long terme. Une véritable galère ! Une course contre la montre s’engage.

La maladie d’Alzheimer, on a souvent peur d’en parler avec les enfants…

Les enfants, eux, laissés de côté, « voient tout, entendent tout ». Les adultes préfèrent les (sur) »protéger » en n’évoquant pas la maladie devant eux. Peut-être éviteront-ils également de mettre les enfants en présence de l’aïeul.le sous peu… mais qui protègent-ils vraiment ?

Le sujet, douloureux, touche grands et petits de plein fouet et, devient tabou au sein de la famille. Il est difficile pour les adultes de mettre des mots sur leurs sentiments. Difficile également de mettre des mots sur sur certaines situations compliquées à vivre voire à comprendre… tout est embrouillé, tout est compliqué… pour les enfants aussi !

Il y a des hauts et des bas, des périodes où tout semble figé et d’autres où l’état psychique, cognitif se dégrade plus ou moins rapidement. C’est une maladie tortueuse et bien insidieuse. Les enfants sont de véritables éponges. Ils perçoivent les émotions, les sentiments, les pensées bien mieux qu’on ne saurait l’imaginer. À trop vouloir les protéger, le malaise s’installe, les souffrances se taisent.

… Et pourtant, Ma Mamie est une magicienne, « une merveilleuse magicienne » !

Pas facile d’en parler, hein ! Et pourtant… pour reprendre les vers de Verlaine :

[Ma Mamie] n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

– Verlaine, Mon rêve familier

Il existe plusieurs sites incontournables qui permettent notamment d’identifier quelques livres pour les enfants. Toutes les situations sont différentes. Il n’y a pas d’outil idéal si ce n’est que certains livres facilitent la discussion. Les livres sont de formidables outils de médiation. Le plus important est en effet de pouvoir évoquer la situation familiale et son impact sur tous à plus ou moins long terme.

À l’origine du livre jeunesse « Ma Mamie en Poévie », le désir d’évoquer la maladie d’Alzheimer sans pathos

La prose poétique de François David et l’univers surréaliste d’Elis Wilk permettront aux adultes de parler de la maladie d’Alzheimer avec les plus jeunes . Comment les aider à mieux vivre la situation et voir évoluer leur relation avec leur grand-parent un tout petit peu plus sereinement ? Nous avons pris le parti de la douceur, de la tendresse, de la poésie avec un soupçon de surréalisme.

J’ai de la CHANCE. Vraiment beaucoup de chance.
Ma mamie, elle est poète. Elle joue avec les MOTS.
Elle les transforme, elle en invente,
c’est une jongleuse de mots ex-tra-or-di-nai-re.

– François David, Ma Mamie en Poévie

Souvent, dans les témoignages publiés par les média, les aidants font référence à une période de déni, de colère, de deuil d’une certaine manière. Il arrive cependant un moment, rédempteur, où ils arrivent à faire le deuil de la personnalité de leur parent et à ainsi apprécier ce « nouveau » personnage qui se révèle. Cela demande cependant beaucoup d’humour, d’amour, de patience et une pincée d’auto-dérision certainement. Cela permet de trouver de nouvelles manières d’accompagner le grand-parent et de rassurer l’enfant.

Nous voulions donc que la petite-fille porte un regard bienveillant et émerveillé sur sa grand-mère. D’une certaine manière, Ma Mamie retrouve son âme d’enfant sans contrôle, sans filtre.

Dans chaque enfant il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant.

– Pablo Picasso

La maladie d’Alzheimer n’est jamais nommée dans le texte de François David. La grand-mère se crée un monde imaginaire et emmène sa petite-fille en voyage ! L’ambiance n’est pas enfantine et évolue vers une maturité grandissante de l’enfant :

Un univers poétique où tout est transcendé par le merveilleux pour ne pas la ‘voir’ seulement telle qu’elle paraît être. Je crois que c’est cet univers poétique qui pourrait être évoqué aussi dans les images, sans surtout trop souligner ni appuyer, mais en correspondance. La mamie telle qu’elle est, en son âge, et l’univers autour d’elle transfiguré, transcendé par une poésie légère. Je crois que c’est un point très subtil à découvrir.

Le texte évoque cette transfiguration dans l’esprit et l’amour de la petite fille qui voit de la beauté (et de la poésie, précisément) là où tous les autres voient handicap, vieillesse et décrépitude.

– François David, note d’intention

THÈMES ABORDÉS

  • maladie d’Alzheimer, maladie neuro-dégénérative
  • mémoire, vieillesse, fragilité, santé, vie
  • relation grand-parent / enfant
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