Traitement de la maladie d’Alzheimer – (Électro-)choc

Je l’avoue mon premier réflexe a été de penser au film « Vol au-dessus d’un nid de coucou » à la lecture de cet article – Reviving Memory With An Electrical Current – sur l’utilisation d’électrodes pour stimuler certaines zones du cerveau. L’image d’un traitement violent, révoltant persiste…
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Et puis, recherches faites, je suis tombée sur un premier article paru dans Le Monde en 2012 Neurologie : volte-face sur l’électrochoc à propos d’un livre collectif invitant « à en finir avec la réputation sulfureuse de cette technique, aussi appelée sismothérapie » :
« il s’agit, en délivrant un courant électrique au moyen d’électrodes placées sur le crâne, de provoquer une crise convulsive généralisée. Les modalités ont en revanche beaucoup évolué, et le cadre réglementaire est précisément défini. »
À la lecture de cet article, il apparait que la pratique est assez courante (oups, jeu de mots bien involontaire) et qu’elle est plutôt efficace sur les symptômes dépressifs… mais qu’il n’existe aucune statistique alors que la technique fait l’objet d’une autorisation spécifique ! Là, c’est tout de suite un peu plus inquiétant, non ?
L’Institut des Neurosciences Cliniques de Rennes évoque également la technique dans le traitement de la maladie de Parkinson :
La stimulation cérébrale profonde est une technique chirurgicale qui consiste à implanter des électrodes dans certaines zones du cerveau (dites «cibles») pour traiter les symptômes de maladies neuro-dégénératives ou psychiatriques quand les traitements médicamenteux deviennent inefficaces. Les électrodes sont reliées par un câble à un boîtier de stimulation placé sous la peau, en général sous la clavicule. Les électrodes génèrent des impulsions électriques brèves et rapprochées capables d’influencer le fonctionnement de la zone cible.
Si le traitement est « validé » dans certains cas comme la maladie de Parkinson ou certaines formes d’épilepsie, il reste en cours d’expérimentation dans le cas les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), le syndrome de Gilles de la Tourette ou de la dépression sévère. Ici, l’article de NPR évoque le cas du  Dr. Andres Lozano, neurochirurgien de réputation internationale  (Université de Toronto, Canada), qui étudie le potentiel de la stimulation cérébrale profonde dans le cas de patients atteints de la maladie d’Alzheimer.  Toujours d’après le même journaliste, ils seraient assez nombreux à étudier cette éventualité.
La technique est d’ailleurs l’objet de travaux de recherche du Pr Denys Fontaine, neurochirurgien au CHU de Nice :

dans le cas de la maladie d’Alzheimer, les réseaux impliqués dans la mémoire sont perturbés par la perte de neurones, ce qui entraîne troubles de la mémoire et cognitifs : ce sont ces circuits qu’il faut essayer de moduler.

(…) Une fois que l’on sait que la modulation des circuits de la mémoire peut améliorer certaines fonctions intellectuelles d’un être humain en bonne santé, la question est de savoir si on peut utiliser cette technique chez des gens qui ont des problèmes de mémoire.
C’était l’objet d’une étude pilote sur six patients présentant une maladie d’Alzheimer évoluée. Après un an de stimulation chronique, deux patients ont été stabilisés, un a été amélioré et trois autres ont continué à décliner. Chez la moitié des patients, donc, il y a un petit effet sur le fonctionnement cérébral.

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À suivre !
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