Odile Bonneel : « le poétique : une nécessité vitale ! »

Aujourd’hui est le jour le plus triste de l’année, nul besoin de formule mathématique à l’appui. Comme me l’avait gentiment proposé Odile Bonneel peu de temps avant de nous quitter, je poste ci-après l’entièreté de son article sur notre maison d’édition et « Ma Mamie en Poévie ».

Nul besoin de connaître Odile depuis fort longtemps pour se rendre compte à quel point c’était une belle personne, passionnée et amicale, attentive et attentionnée. Elle nous manque déjà. Elle me manque déjà.

Odile Flament
alias Odile bis

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Icdi-270
Décembre 2017


Présentation des éditions Cotcotcot !

Ma Mamie en Poévie, François David, Elis Wilk, Guillaume Lagravière, Odile Bonneel, Inter CDI, documentaliste, école, CDI, centre de documentation, cycle 3, CM1, CM2, sixième, 6ème, livre, littérature, jeunesse, enfants, classe, français

Toc Toc Toc ! (anacyclique : anagramme pouvant se lire dans les deux sens !)
Alors, entrons !
La maison d’édition numérique a été créée par Odile Flament en 2011. Le nom «CotCotCot», très estampillé jeunesse, vient d’une onomatopée de la fille aînée de l’éditrice ! Odile travaille à temps plein et convoque, en fonction du livre et des compétences qu’il demande, toute une équipe : auteur, illustrateur, compositeur de musique, infographiste, développeur. Tout est parti d’une passion pour le livre jeunesse et d’une envie de créer sa propre entreprise au service des enfants. Odile Flament forme aussi les professionnels jeunesse, notamment au Centre de Littérature de Jeunesse de Bruxelles. Et assure une veille en littérature de jeunesse sur un portail Facebook. Numerique-Jeunesse.com.
La ligne éditoriale en trois mots : « pixel-poésie-charme ». L’éditrice fait entrer le lecteur dans l’univers d’un artiste et crée tout une ambiance autour des mots. Le numérique est optimisé : pas de pli central comme dans les livres, glissements et hors champs, interactivité de pages cachées. CotCotCot n’est pas contre le livre papier et offre une autre expérience de lecture. Le lecteur, acteur, devient un « lectacteur » (JL Weissberg). On parle de « littératie numérique » : savoir utiliser l’outil numérique, comprendre, créer.
Le premier titre-phare pour tablettes et ordinateurs est Ma Mamie en Poévie de François David et Elis Wilk (analyse ci-dessous).
Un dossier pédagogique riche et bien conçu accompagne le livre numérique. Avec des fiches élèves, sur l’incipit, la narration, le « chemin de fer », la description par l’élève des effets recherchés dans les animations…
Avec des fiches enseignants : lecture lexicale et carte mentale, collage numérique et écriture créative, combinaison texte/ illustration (L’illustratrice de Ma Mamie en Poévie, Elis Wilk, dispense aussi des ateliers), jeux poétiques : « poétiver » les mots comme mamie ! (anagrammes, néologismes, métonymies, comparaisons, métaphores), activités numériques : quizz, ressources et liens, sélection de livres sur le thème grand-parent/enfant ou autour des jeux de mots… En toute fin, quelques éléments biographiques sur François David, l’auteur, Elis Wilk, l’illustratrice, Guillaume Lagravière, le compositeur.
Pour tablettes, le livre de Dominique Maes, Bleu de toi, grand imagier tactile sur l’amour parental (un papa veut offrir le plus beau des cadeaux à sa fille), composé de hachures et contre hachures au bic bleu et avec une navigation hors norme qui réserve des surprises (par exemple, la découverte des livres dans une bibliothèque vertigineuse).
En projet, un livre numérique avec le poète Thierry Cazals, sur le haïku…
CotCotCot : c’est un sacré travail sur le numérique, pour la lecture jeunesse, par une jeune éditrice dynamique et passionnée. O. B.

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Comment commander ? 
*En ligne : via cotcotcot.fr ou iTunes
*Au moyen des cartes disponibles en librairie
*Possibilité aussi d’un bon de commande papier de votre établissement scolaire.
*9,99 € pour un poste
*licence PRO de 50€ pour les enseignants et bibliothécaires (pour 10 postes ou une classe entière), plateforme de vente « cotcotcot.fr »
*livrée avec la possibilité d’obtenir le dossier pédagogique
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Aspects techniques :
Ma Mamie en Poévie est au format ePub3. Consultation depuis tablettes ou ordinateurs via :
*sur tablettes iPad et ordi MAC : l’application iBooks
*sur PC : l’extension Readium de Google Chrome
*sur Android : en attendant Readium sous Android, les applications NamoPubtreeViewer, Kobo ou Adobe Digital Edition fournissent des readers acceptables.

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Analyse du livre « Ma Mamie en Poévie »

CotCotCot_MaMamie_couverture-interCDI

*DAVID, François. –Ma Mamie en Poévie/ill. Elis Wilk ; avec les voix de François David, Clémentine, Nelly Herry, Edoardo Ripani ; composition Guillaume Lagravière. –CotCotCot éditions, 2016. –EAN 9782930941004 : 9,99 euros (version numérique).
Enfance-Souvenirs-Relation grand-parent/enfant-Maladie d’Alzheimer-Poésie-Douceur-Langage-Création.

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« J’ai de la chance.
Vraiment beaucoup de chance.
Ma mamie, elle est poète.
Elle joue avec les mots.
Elle les transforme, elle en invente,
c’est une jongleuse de mots
ex-tra-or-di-naire ».

Au lieu de « lapin », mamie crée le mot de « carotteur », au lieu de « crayon », le mot « mésange ». « Tu peux dessiner avec des mésanges de couleur », dit-elle. La petite fille, confiante, sent qu’elle dessine mieux avec les conseils de mamie. « Elle choisit vraiment de jolis mots, bien plus beaux que ceux dont on se sert d’ordinaire ». « Je vais délarmer le jardin » est la « mamimorphose » (beaucoup plus poétique) de « je vais essorer la salade ». De retour à la maison, la petite fille essaye d’inventer, comme mamie, des mots et des expressions qui font rêver. Mamie se souvient du passé et fait revivre papi, ressuscite son enfance par les chansons (Le Temps des cerises, Les Roses Blanches). « Ca m’attendrit. Beaucoup beaucoup », dit la petite fille. De la tendresse et de la complicité, du bonheur et du rêve, quand mamie apprend à sa petite fille à danser le sirtaki et quand elle évoque Venise et le Pont des Soupirs, la place Saint-Marc où les pigeons mangent dans leurs mains : « je sens leur bec au creux de ma paume ou leurs petites pattes sur mes cheveux ». Pouvoir sensoriel du texte et de l’illustration. Et pour final : le chat sauvage et griffu de la petite fille saute sur mamie et ronronne sur elle !! « Oui, ma mamie est une magicienne !/Une merveilleuse magicienne ».
La force de ce récit vient de l’innocente bienveillance de la petite fille qui raconte. Une complicité très tendre la lie à sa mamie « magicienne ». Ce regard aimant, naïf, disons plutôt poétique, permet d’aborder le sujet douloureux de la maladie d’Alzheimer de la mamie, tout en douceur et pudeur.
Le lecteur peut choisir entre deux voix qui racontent l’histoire : celle d’une petite fille de dix ans, Clémentine, voix primesautière, fraîche et enjouée, très agréable à écouter. Et la voix de François David, posée, forte, expressive, bien articulée (effet « Comédie Français ») qui prend par la main le jeune lecteur.
Les illustrations d’Elis Wilk sont colorées avec beaucoup de collages, photos, cadres. Le visage de mamie est un peu rétro. Et tout ceci s’anime sous la souris… ou le doigt !… A propos de l’illustration de la chanson Les Roses Blanches, en glissant la souris sur l’écran, on découvre la grand-mère endormie derrière le buisson de roses. Le son se déclenche et diffuse des perles de poésie légères et aériennes qui sonnent joliment aux oreilles et font palpiter le cœur. Les roses semblent danser et bercer mamie, la protéger. Et on croit sentir leur parfum tellement elles sont belles ! Dans une autre illustration interactive : d’un arrosoir s’égoutte de l’eau : une plante croît le long du cou de mamie (évolution de la maladie), puis les mots inventés par mamie s’écoulent de la paume de l’arrosoir. Plus tôt, la jupe de mamie, en crayons de couleur, devient xylophone (illustration et sons).
François David et CotCotCot nous font vivre là une expérience poétique intense. Par son empathie, les émotions suscitées, la tendresse, les images, les souvenirs, les « notes » justes, François David réussit à suggérer, rendre sensible, humaniser la maladie, transfigurer la douleur, visant une authenticité. Le poétique : une nécessité vitale !
Ce livre numérique enrichi déborde de créativité et d’inventions et sert une touchante histoire. Une vraie réussite et une gageure face au thème grave de la maladie d’Alzheimer, maladie qui déconcerte et meurtrit. Cycle 3. Odile Bonneel

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Emma, 12 ans, veut garder contact avec sa grand-mère vivant à l’autre bout de la planète et atteinte de la maladie d’Alzheimer

Emma Yang, 12 ans, vient d’imaginer une application numérique permettant de rester en contact avec sa grand-mère atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Le témoignage d’Emma est édifiant. L’adolescente décrit les difficultés qu’elle a à rester en contact avec sa grand-mère du fait de la distance mais surtout de la maladie d’Alzheimer qui progresse :

Quand j’avais 8 ans, ma grand-mère pensait que j’en avais 13. Et puis un jour, elle a oublié mon anniversaire et celui de mon père. Ma grand-mère souffre de la maladie d’Alzheimer. Elle vit à Hong-Kong et nous à New-York. La distance rend la communication difficile, surtout depuis que la maladie progresse. Pour ma grand-mère, il est devenu de plus en plus difficile de reconnaître et de se rappeler des gens. Elle ne se souvient pas si elle a déjà parlé à quelqu’un. Elle va rappeler la personne indéfiniment pour lui dire les mêmes choses. Elle ne se rappelle pas des numéros de téléphone ni des adresses. Elle a des difficultés à appeler ses ami.e.s. La distance n’est pas le seul problem. Sa maladie nous empêche de rester connectées, de rester proches l’une de l’autre !

 

De ces difficultés et frustrations rencontrées, Emma a décidé de créer une application numérique – TIMELESS (qui signifie éternel, hors du temps mais aussi de nombreuses fois, sans compter)- qui permettrait aux personnes touchées par la maladie d’Alzheimer de rester autonomes et de garder le contact avec leurs familles et ami.e.s.

Si la jeune fille est bien entourée (son père est ingénieur informaticien), l’idée n’en reste pas moins exceptionnelle à son âge !

L’équipe de « Ma Mamie en Poévie » aime ce genre d’initiative qui ne cherche pas forcément à guérir les malades mais à leur apporter confort et joie. Les petites contrariétés du quotidien peuvent rapidement rendre la situation invivable, les relations impossibles.

Enfin, la maladie d’Alzheimer ne touche pas que les patients. C’est une bombe à retardement qui irradie l’ensemble du tissu familial et amical. Trop souvent, les patients sont mis à l’écart et le sujet devient tabou : les premières victimes collatérales de cette maladie sournoise sont les petits-enfants qui perdent contact avec leur grand-parent et à qui on n’explique pas toujours (bien) la situation.

L’application n’est pas encore disponible mais vous pouvez d’ores et déjà en voir une démonstration sur le site viméo :

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L’application contient huit fonctions parmi lesquelles :

  • les dernières nouvelles concernant la famille avec reconnaissance faciale sur les photos (une sorte de mur Facebook) ;
  • l’agenda du jour ;
  • le carnet d’adresse précisant le nom et la nature de la personne (Paul, fils ; Emma, petite-fille…) ;
  • la reconnaissance faciale des personnes rencontrées à l’instant via l’appareil photo ;
  • des informations à propos des patients eux-mêmes ;

 

À suivre !

Alzheimer : la mémoire serait seulement inaccessible

Une étude américaine portant sur des souris révèle que la mémoire des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ne serait pas effacée mais probablement inaccessible.

Les résultats de ces recherches permettront de comprendre comment les patients perdent la mémoire mais également comment éventuellement la réactiver, se réjouit le professeur Philippe Amouyel de l’Institut Pasteur de Lille.

Le reportage diffusé lors du 20h du 17 mars est à revoir ici : Maladie d’Alzheimer : une découverte porteuse d’espoirs.

C’est l’équipe du prix nobel Susumu Tonegawa au sein du RIKEN-MIT Center for Neural Circuit Genetics qui est à l’origine de cette découverte. En étudiant la morphologie des cerveaux de deux groupes distincts de souris, les chercheurs ont remarqué que les souris ‘alzha’ avaient moins d’épines dendritiques (conduits au travers desquels les connexions synaptiques se font) que les souris saines. Leur conclusion : la mémoire ne serait donc pas elle-même en cause mais l’accès aux souvenirs.

La stimulation optique des cellules du cerveau des souris ‘alzha’ s’est révélée très efficace à un stade précoce de la maladie. L’optogénétique utilisée pour traiter les souris « permet de rendre des neurones sensibles à la lumière en combinant le génie génétique et l’optique » (source Wikipédia). De quoi redonner de l’espoir aux familles !

Vous pouvez également retrouver l’article – Alzheimer’s ‘lost’ memories may be recoverable: study – sur le site de l’AFP.

Imaginer que la mémoire est encore là, tapie ‘au coeur’ même du cerveau et qu’il nous faut trouver maintenant un moyen d’y accéder à nouveau… voilà une résolution presque ‘romantique’ de la maladie.

Wanted : comédienne voix-off senior

Ma Mamie en Poévie - recherche comédienne voix-off senior pour lire le texte de la grand-mère - illustration Elis Wilk - © CotCotCot ÉditionsNous recherchons une voix-off féminine d’âge mûr pour incarner le personnage central du livre ‘Ma Mamie eи Ꭾσéνιe’. N’hésitez pas à nous contacter via Facebook ou par mail pour toute demande d’information supplémentaire.

Ma Mamie en Poévie est un projet de livre numérique interactif de François David et Elis Wilk à paraître aux éditions CotCotCot. Il aborde les thèmes de la vieillesse, de la maladie d’Alzheimer, des relations grand-parent / enfant.

Ma Mamie est un peu déboussolée, originale, créative, poète ! Elle emmène sa petite-fille en voyage, lui fait découvrir le sirtaki et les pigeons de la place St-Marc.

CASTING
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Vous pouvez nous envoyer l’enregistrement audio des phrases ci-après par mail – avant la fin du mois de mars 2016 :

Texte à lire : « Tu te rends compte, il est gondolier, et il ne sait pas ! Il a laissé tomber le chemin ! C’est bizarre, quand même, tu ne trouves pas, de casser la boussole, comme ça ? »

Texte à chanter : « Quand nous en serons au temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête. »

CONTRAT
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Script complet sur demande !
Le contrat peut se faire via une plateforme de type Voices.com, Smart…

Contact : Odile Flament – CotCotCot éditions, Bruxelles
hello (at) cotcotcot-apps.com

 

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